Que reste t-il de l'existence d'un être ? 

La trace, l'empreinte, la mémoire, le souvenir…

Des mots pour le dire… Comment le dire ?

J'ai juste ce profond désir que la peinture m'accorde, avec un autre language que les mots.

Pour cela, j'ai dans un premier temps superposé, gratté, creusé, usé les couches d'huile ou d'acrylique, en installant un lent et laborieux dialogue avec ma toile, avant que mon imagination ne remplisse l'espace de présences et d'absences.

Ni dans la réalité, ni dans l'imaginaire, je suis dans un réel particulier au delà de la limite qu'imposent les mots. 

J'ai découvert et compris combien étaient nombreux les mondes que nous ignorons. Alors, j'ai tenté d'ouvrir les portes sur eux jusqu'à ce que des vérités omises se dévoilent et se laissent entrevoir. Puis, petit à petit, comme une évidence, mon "écriture" s'est imposée. 

 

Par différentes techniques, je cherche inlassablement avec la couleur-matière, en écrivant, superposant, répétant, pour ne laisser apparaître que la trace essentielle. 

J'ai ce besoin vital et profond de créer, chercher, comprendre, faire des liens. C'est ainsi que je brode, tisse, rapièce, assemble, couds avec me pinceaux fins, des mots pour obtenir une toile qui, telle une "étoffe vivante", rassemble toute cette matière intérieure pour exprimer ce "dire impossible".

 

Grâce à cette superposition d'écrits intimes, entremêlés et tissés, je me relie aux autres en ne laissant que l'empreinte essentielle de ce qui a été. Et je suis prête aujourd'hui pour le partager.